Voici le "mot de notre conseiller spirituel" pour cette année de la miséricorde : 

 

"Voilà bien un mot peu usité aujourd’hui comme si miséricorde rimait avec misère, misérable : ça n’a rien d’attirant !

Jubilé de la miséricorde

C’est pourtant à une « Année de la miséricorde », plus exactement à un jubilé extraordinaire de la miséricorde que le pape François appelle l’Eglise du 8  décembre 2015 au 20 novembre 2016.

Il est vrai que miséricorde peut nous faire penser à une interjection ancienne. Il me semble que le célèbre Tintin l’utilise parfois dans des situations angoissantes. Les moines dans leurs stalles ne s’appuient-ils pas sur un revers en bois pour leur faciliter la position debout durant la récitation des psaumes de leur office ?

Au-delà du côté désuet, plus en amont, miséricorde est un mot d’origine hébraïque, passé par la langue grecque et le latin avant d’arriver dans le français. Nous avons  l’impression dans notre culture qu’il s’agit d’un sentiment mêlé de compassion et de pardon offert par quelqu’un de haut placé faisant grâce à un inférieur qui l’implore.

Pourtant, la miséricorde dans la Bible c’est plus fondamentalement l’amour de Dieu en acte. Saint Jean s’est exclamé : « Dieu est amour ! » (1 Jean 4,16). Toute la Bible ne cesse de montrer comment Dieu aime l’humanité…, d’un « amour viscéral ». En effet, le mot hébreu raham n’est vraiment pas un mot abstrait. Il désigne au départ le sein maternel et par extension l’amour fait de tendresse et d’engagement total d’une mère  …, ou d’un père à l’égard de son enfant.

Isaïe 49,15 : « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles. »

Psaume 103,13 : « Comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le respecte. »

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Et si l’année de la miséricorde nous permettait de découvrir ou d’oser croire à la tendresse de Dieu alors que flotte peut-être encore en nous l’idée que Dieu pourrait nous aimer sous conditions ou pire n’être que le juge suprême et terrible de nos actes…

Et si l’année de la miséricorde nous incitait à des relations d’amour et d’amitié où la tendresse ne serait pas signe de mollesse, mais d’attention renouvelée et de prévenance à l’égard de l’autre qui nous est cher.

Alors, la miséricorde et la pitié pourront regagner leurs lettres de noblesse car elles ne seront plus synonymes de condescendance molle, mais bien de bonté généreuse et de cœur qui se laisse toucher quoi qu’il arrive.

Dans les évangiles, l’attitude du Christ est toujours miséricordieuse en ce sens qu’il se laisse toujours toucher par toutes sortes de personnes dont il croise  le regard et qu’il accompagne au point de les transformer : des lépreux réputés impurs, un jeune homme riche, la femme adultère, Zachée, le collaborateur véreux des Romains, Saint Pierre dans la nuit de son arrestation. Dans la rencontre et l’échange, son amour et son amitié sont sans calcul et renouvellent les personnes qui ne s’y attendaient pas.

Miséricorde

Dans la fameuse parabole du « fils prodigue (Luc 15) nous est révélé le visage de miséricorde de Dieu le Père : son amour est sans limite pour ce fils qui pourtant a trahi son amour paternel et pire a renié sa famille et ses valeurs. Pourtant, avant même que ce fils n’ait l’idée de revenir, l’Evangile nous fait pressentir que son père (Dieu) depuis son départ de la maison l’attend et l’espère car son amour ne saurait se reprendre. Tel est le Dieu qui nous invite à grandir en humanité et à refléter son amour viscéral source de joie !

Le pape François a signé en avril dernier un texte invitant à célébrer cette année de la miséricorde : il s’agit d’une « bulle » intitulée : « Le visage de la miséricorde ». Vous en trouverez quelques extraits ci-dessous ainsi que la prière écrite par le pape pour cette année jubilaire.

Dans tout notre diocèse, l’Eglise voudrait prier, célébrer, vivre cette miséricorde qui peut nous renouveler. N’hésitez pas à vous joindre aux messes dominicales pour prier, à la journée du pardon du samedi 12 mars à l’église Saint Louis de Vincennes ou dans votre paroisse, à rejoindre tous ceux qui veulent refléter l’amour de Dieu au service de leur prochain : il y a du travail !"                                                                                                

       Père Stéphane AULARD

Père Stéphane Aulard

 

 

 

 

 

 

 

Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier. Devenue vivante et visible, elle atteint son sommet en Jésus de Nazareth. Le Père, « riche en miséricorde » (Ep 2, 4) après avoir révélé son nom à Moïse comme « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Ex 34, 6) n’a pas cessé de faire connaître sa nature divine de différentes manières et en de nombreux moments. Lorsqu’est venue la « plénitude des temps » (Ga 4, 4), quand tout fut disposé selon son dessein de salut, il envoya son Fils né de la Vierge Marie pour nous révéler de façon définitive son amour. (§ 1)

La miséricorde est le pilier qui soutient la vie de l’Eglise. Dans son action pastorale, tout devrait être enveloppé de la tendresse par laquelle on s’adresse aux croyants. Dans son annonce et le témoignage qu’elle donne face au monde, rien ne peut être privé de miséricorde. La crédibilité de l’Eglise passe par le chemin de l’amour miséricordieux et de la compassion. L’Eglise « vit un désir inépuisable d’offrir la miséricorde ». Peut-être avons-nous parfois oublié de montrer et de vivre le chemin de la miséricorde. (§ 10)

La vérité première de l’Eglise est l’amour du Christ. L’Eglise se fait servante et médiatrice de cet amour qui va jusqu’au pardon et au don de soi. En conséquence, là où l’Eglise est présente, la miséricorde du Père doit être manifeste. Dans nos paroisses, les communautés, les associations et les mouvements, en bref, là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde. (§ 12)

PRIERE DU PAPE FRANCOIS

POUR L’ANNEE DE LA MISERICORDE

 

Seigneur Jésus-Christ,

Toi qui nous a appris à être miséricordieux comme le Père céleste,

et nous as dit que Te voir, c’est Le voir,

montre-nous ton visage, et nous serons sauvés.

Ton regard rempli d’amour a libéré Zachée et Matthieu de l’esclavage de l’argent,

la femme adultère et Madeleine de la quête du bonheur à travers les seules créatures ;

Tu as fait pleurer Pierre après son reniement,

et promis le paradis au larron repenti.

Fais que chacun de nous écoute cette parole dite à la Samaritaine comme s’adressant à nous :

Si tu savais le don de Dieu !

 

Tu es le visage visible du Père invisible,

du Dieu qui manifesta sa toute-puissance par le pardon et la miséricorde :

fais que l’Eglise soit, dans le monde, ton visage visible, Toi son Seigneur ressuscité dans la gloire.

Tu as voulu que tes serviteurs soient eux aussi habillés de faiblesse

pour ressentir une vraie compassion à l’égard de ceux qui sont dans l’ignorance et l’erreur :

fais que quiconque s’adresse à l’un d’eux se sente attendu, aimé, et pardonné par Dieu.

 

Envoie ton Esprit et consacre-nous tous de son onction

pour que le Jubilé de la Miséricorde soit une année de grâce du Seigneur,

et qu’avec un enthousiasme renouvelé, ton Eglise annonce aux pauvres la Bonne Nouvelle

aux prisonniers et aux opprimés la liberté,

et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue.

 

Nous Te le demandons par Marie, Mère de la Miséricorde,

à Toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint Esprit, pour les siècles des siècles.

AMEN.