AFC 2017

Ce samedi 8 octobre nous nous retrouvions très nombreux à la paroisse Saint Charles Borromée de Joinville pour vivre notre soirée de rentrée.

Nous avons commencé, évidemment, par la messe animée par la communauté Ephraïm. Le Père Bellut, curé de la paroisse nous donna une superbe homélie, bien adaptée.

Père Bellut

« Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. » Cyprien et Daphrose Rugamba ont été les beaux fruits de la vigne par le témoignage de foi qu’ils ont donné. En pleine folie rwandaise dans le double génocide, ils ont témoigné en enfants de lumière de la communion qui dépasse les divisions ethniques pour rappeler que tout homme est d’abord mon frère. L’émerveillement vécu dans ce couple, de la puissance de Dieu dans leur vie, et de sa manifestation, en ont fait des chantres de la Bonne Nouvelle dans l’adoration et l’attention au frère. Et ils ont vécu l’impératif du témoignage qui est la communion. Porter un fruit qui demeure est d’être attentif à l’Esprit Saint dans notre vie, et en même temps d’être attentif à la communion entre frère. Pas de témoignage sans communion. Nous pouvons certes avoir des appréciations différentes. L’Esprit Saint peut nous emmener sur des voies prophétiques pas toujours comprises immédiatement dans l’Eglise. Tout cela est vrai, mais cela n’empêche pas l’impératif de communion. Attendre la croissance de l’autre pour obéir à Dieu et porter un fruit qui demeure.

 « La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plant qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici le crime ; Il en attendait la justice, et voici les cris. » Le droit à la vie ne peut être relativisé selon les circonstances. La culture de mort est toujours une offense à Dieu. Que ce soit l’avortement ou l’euthanasie, que ce soit la PMA ou la GPA, que ce soit un mariage qui refuse l’altérité d’une femme et d’un homme, tout cela est une violence spirituelle insoutenable soutenue par un tyrannique sens du progrès lancé par des ayatollahs de la pensée unique. Que des croyants, pire des catholiques collaborent à ce genre d’infamie est une offense à Dieu. Le crime contre la vie reste un crime même s’il est médical et vient s’imposer à la personne par des anges de la mort qui veulent notre bien en pratiquant le mal.

  Notre premier combat se vit dans la prière ardente, l’esprit d’adoration et d’intercession pour laisser l’Esprit Saint nous guider de manière à rappeler la Parole de vie. Le devoir d’intercession pour le péché de nos frères est en même temps purification du nôtre afin de nous conformer à la volonté de Dieu. « La question du Seigneur « qu'as-tu fait? », à laquelle Caïn ne peut se dérober, est aussi adressée à l'homme contemporain, pour qu'il prenne conscience de l'étendue et de la gravité des attentats contre la vie dont l'histoire de l'humanité continue à être marquée »[i] La méditation des Ecritures et la prière nous font comprendre alors l’impératif spirituel de conformer notre vie à la volonté de Dieu et d’en témoigner à nos frères comme chemin de vérité pour une vie éternelle.

 La culture de mort va de pair avec l’attaque de la justice dans une course aux profits et l’achat de techniques médicales qui font un véritable déséquilibre entre les citoyens. L’argent devient le vecteur de la vie et l’aisance matérielle la condition du nombre d’enfants. Or nous sommes appelés à la générosité de la vie et non à une idéologie culturelle étriquée d’un avenir qui se veut calculé.

Adhésion AFC

L’enfant ne peut être inscrit comme une charge sans y voir le profit du don de Dieu. La générosité du couple ne doit pas s’arrêter à la culture individualiste du bien-être et d’un confort matérialiste. Oui, « Il faut encourager les époux à s’ouvrir à une attitude fondamentale d’accueil du grand don que représentent les enfants. Il faut souligner l’importance de la spiritualité familiale, de la prière et de la participation à l’Eucharistie dominicale, en encourageant les couples à se réunir régulièrement pour favoriser la croissance de la vie spirituelle et la solidarité au niveau des exigences concrètes de la vie. »[ii] Les Associations Familiales Catholiques, comme la Communauté de l’Emmanuel ou le ministère de l’école d’évangélisation dit Ephraïm sont autant de chemins possibles pour réfléchir sa vie de couple à l’aune de l’enseignement de l’Eglise. Un chrétien seul est un chrétien en danger. Un chrétien anorexique spirituel qui se contente du dimanche pour vivre sa foi, et encore, doit s’attendre à perdre la saveur de la foi, la chaleur de l’amour, le dynamisme de l’espérance et traverser le désert du dépérissement spirituel aliénant.

 

Rugamba 4Le choix de Dieu est un choix de l’amour. Nous le savons dans le couple. «  L’amour a besoin de temps disponible et gratuit, qui fait passer d’autres choses au second plan. Il faut du temps pour dialoguer, pour s’embrasser sans hâte, pour partager des projets, pour s’écouter, pour se regarder, pour se valoriser, pour renforcer la relation. »[iii] Et nous sommes missionnaire de cet amour rencontré, vécu, partagé. « la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. » La vie de Cyprien et Daphrose nous fait comprendre que le témoignage de l’amour demande un engagement radical, il n’y a ni relativisme, ni rationalité, sinon que l’amour et sa logique : le pardon. « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! » Nous voyons alors des signes que Dieu nous partage, nous comprenons dans la contemplation de sa Toute Puissance, que notre histoire comporte l’engagement de Dieu qui ne s’impose pas, mais se propose dans la gratuité de l’amour. Il s’agit juste d’ouvrir les yeux, de se rendre disponible à la grâce et dans l’humilité la recevoir comme un don de Dieu. Notre témoignage se fera au rayonnement de l’amour que nous aurons accepté et partagé. « la nouvelle évangélisation engage tout baptisé à être instrument de pacification et témoin crédible d’une vie réconciliée. »[iv]  Notre propre conversion et notre aptitude à vivre des béatitudes dans tous les aspects de notre vie est le premier fruit de grâce que nous pouvons partager à tous.

Rugamba 3

« En toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. » Notre vie de famille, comme notre vie personnelle, quel que soit notre état de vie d’ailleurs, doit être une vie de prière, chacun selon ses propres capacités. Demandons à Marie, dans la prière du chapelet de nous rappeler cet impératif de la communion à Dieu dans la recherche d’unité entre frère. Que nous soyons attentifs au temps de prière et de bénédiction en famille pour répandre la grâce de Dieu qui nous habite comme cadeau pour nos frères. Parents n’oubliez pas de vivre cette bénédiction de l’enfant dans les circonstances de sa vie, qu’il entende le bien de Dieu dans ses actes et qu’il s’y conforme. « Seigneur, Dieu de l’univers, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés. »

La messe fut, comme chaque année, suivie d'un temps convivial autour d'un verre puis du classique repas tiré du sac. Pendant ce temps, les "techniciens" d'Ephraïm nous aidaient à installer le matériel pour la projection de la soirée.

Un aperçu du témoignage de Cyprien et Daphrose Rugamba

Nous nous sommes ensuite retrouvés, une bonne centaine, dans l'église pour visionner le magnifique film de KTO sur Cyprien et Daphrose Rugamba ; martyrs du Rwanda, fondateurs de la Communauté de l'Emmanuel au Rwanda, en instance de canonisation en couple, tant leur vie fut un exemple pour tous.

Rugamba 1

Après avoir regardé la version courte de ce film, Jean-Marie Twabazemungu et Xaverine Kabihogo qui les ont bien connus, nous ont parlé d'eux, de leur vie de prière, ensemble et chacun l'un pour l'autre. Xaverine nous a expliqué combien Daphrose était "donnée" à son mari, combien elle avait prié pour lui jusqu'à obtenir sa conversion totale, combien ils s'aimaient l'un l'autre. Jean-Marie nous propose de prier Cyprien et Daphrose, de leur demander leur soutien pour nos familles, nos couples. Jean-Marie a lui aussi connu l'horreur des massacres Rwandais, après avoir parlé de Cyprien qui appelait les miliciens "les petits enfants aimés de Dieu"il nous a partagé son expérience du pardon : Au bord de la fosse commune, en attendant son tour, voir massacrer à coups de machettes, des enfants, sa famille, ses meilleurs amis et s'en remettre à Dieu pour pardonner... 

Devant ces témoignages nous nous sentons tout petits...

S'en suivit un temps de questions et de débats avec nos témoins, puis vente du livre dans lequel Jean-Marie raconte son expérience.

 

Merci, Seigneur, pour ce temps de grâce

et pour de tels témoins.

 



[i] &10 Evangile de la vie

[ii] &223 Amoris Laetitia

[iii] &224 Amoris Laetitia

[iv] - & 239 Evangelii Gaudium - Cf. Proposition 14.