Chers amis, 

Voici le compte-rendu de l'accueil que nos amis de LMPT94 ont fait à Manuel Valls hier soir. 

Le capitaine de CRS ayant refusé de nous donner son matricule nous avons porté plainte contre lui à l'IGPN, suivant les conseils de Maître du Rieux. 

Tous les autres ont été parfaitement corrects, limite gênés et faisant très attention. Je les ai entendu plusieurs fois dire "Faites attention à la dame. Ne les bousculez pas. Attention et Excusez-nous, on est bien d'accord avec vous...."


Lundi 3 février, Alfortville dans le Val de Marne, le meeting de lancement de la campagne du PS pour les élections municipales attend Manuel Valls....

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Nous aussi nous l'attendons.
17 personnes de 12 à 70 ans à peu près... des drapeaux et des sifflets...

Une heure, juste en face de l'entrée, plusieurs interview de journalistes de TV et radios, une ambiance du tonnerre, des forces de police relativement sympas et des holas avec nos drapeaux à chaque voiture qui passe.. Globalement la plupart approuve avec force klaxon, appels de phares ou applaudissements....en particulier la voiture poubelle .. Nous chantons :" Valls trouillard, Valls dégonflé, Tigre de papier. Les consciences sont réveillées. La gauche a perdu la rue, la rue est avec nous. Démocratie en danger"

Et puis...

La presse que l'on fait rentrer en vitesse dans le palais des sports.

Nous pensons que cela annonce l'arrivée du ministre... et non ce sont :

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Les CRS qui arrivent...

Le commissaire qui enfile son écharpe tricolore...mais ne fait pas les sommations d'usage.
et, avec force et persuasion, le mur de CRS, inflexibles mais avec douceur, nous repousse à 50 m dans une rue de traverse... "S'il vous plait, obéissez, S'il vous plait, sinon c'est nous qui aurons des ennuis.. Vous savez bien qu'on est avec vous !" 

Avec des arguments pareils, nous cédons !

Bloqués entre deux rangées de CRS, braves mais impavides, nous attendons de nouveau plus d'une heure dans le froid. Le moral est bon, très bon même si nous sommes furieux... mais impossible de discuter, le capitaine, courageusement, reste au loin et ne répond pas à mes appels de demande de dialogue.

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Nous entrapercevons deux motards suivis de quelques voitures qui passent à toute vitesse, cris et coups de sifflets de notre part... Valls est passé, n'a pas pu nous voir et ne nous a probablement pas entendu. Mais il est sûr qu'il a été averti et certainement "ravi" de savoir que nous nous étions donné le mal de venir le saluer...

Nous voulons donc repartir puisque le ministre est arrivé...

Las...

Il nous faudra deux coups de fils à deux avocats de LMPT, réclamer à cor et à cris un commissaire pour que petit à petit on nous raccompagne à nos voitures, deux par deux , en commençant par la famille avec un enfant...

Des commissaires de police pas fiers du tout de ce qu'ils faisaient, des CRS assez honteux, et des militants finalement assez contents, bien que gelés, de leur soirée ; ce comportement totalement ridicule, cette peur d'un petit groupe calme et joyeux, le tout piloté au téléphone d'un bureau parisien nous montre combien notre gouvernement perd les pédales et prend peur ...

Pendant notre soirée nous avions d'ailleurs appris que JP Michel demandait la démission de Mme Bertinoti.

Nous n'avons pas perdu notre temps, parqués ainsi au fond d'une petite rue de banlieue, car si les CRS ne peuvent pas parler, ils ont des oreilles, et, s'ils n'étaient pas déjà au courant, ils ont pu écouter le beau texte de Jules Ferry à ses instituteurs "Demandez-vous s'il se trouve un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentissement à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous. Vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée, qui est la conscience de l’enfant. "

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Quand ils nous repoussaient, nous leur disions "Pensez à vos femmes, pensez à vos mères, pensez à vos enfants, c'est pour eux que nous nous battons, révoltez-vous, refusez d'obéir à des ordres iniques..." 

On ne lâche rien, on a déjà gagné une belle bataille, on va gagner le reste !

Un très grand merci à tous ceux qui étaient avec nous hier soir. Je pense que nous n'avons pas perdu notre temps et j'espère que vous ne regrettez pas votre soirée. Il faut vraiment montrer que nous ne lâchons rien, que nous ne sommes pas dupes. Hier soir, tous les journalistes m'ont demandé "Mais que demandez-vous puisque vous avez déjà obtenu l'abandon de la loi famille" Je leur ai donc bien dis que nous ne faisons plus confiance aux ministres ni à leurs paroles et que nous réclamions le droit de chaque enfant à avoir un papa et une maman.

A bientôt pour de nouvelles aventures !

ON NE LACHE RIEN, JAMAIS, JAMAIS !