pontifex_fr-2014-03-27

 

« Entre le portail et l’autel, les prêtres … diront : «’Pitié Seigneur pour ton peuple… ‘» ((Joël 2,17)

« En tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu. » (2 Corinthiens 6,1)

 


Ces deux versets sont extraits des lectures bibliques entendues en ce jour d’ouverture du Carême. Des lectures entendues chaque année le Mercredi des cendres comme un appel immémorial à nous souvenir de notre dignité de baptisés détenteurs de la grâce de Dieu reçue au baptême. A la suite des prophètes, disciples de Jésus, avec les prêtres ministres du Seigneur, mais aussi du fait de notre baptême qui fait de nous tous un peuple de prêtres, nous nous adressons mutuellement cet appel à produire un fruit de grâce en ce temps et à être vrais en attendant le beau moment de la récolte de ces fruits. En ce temps de germination le travail de la miséricorde du Seigneur est toujours bien à l’œuvre, croyons-le.

Jubile de la misericorde

Cela tombe bien puisque nous sommes invités depuis le 8 décembre dernier à vivre une année sainte de la miséricorde. L’ouverture du carême est certainement un jalon pour vivre ce jubilé. Un jalon assurément spirituel qui pourrait permettre à chacun de s’orienter ou de se réorienter vers le Seigneur avec davantage de conviction intérieure. Dans l’Église, ce ne sont pas les seuls catéchumènes qui ont à parcourir une ultime étape avant leur baptême à Pâques.  Ils sontnombreux dans notre diocèse. Le moins que nous puissions faire, c’est de les porter, mais aussi de faire mémoire de notre baptême en nous réexposant longuement à la grâce de Dieu avant de nous ré-immerger dans les eaux baptismales lors des fêtes pascales. Quand je dis « nous réexposer », me vient cette image forte de notre procession des cendres au cours de laquelle nous allons être marqués d’une croix cendrée sur notre front comme nous avons été marqués de la croix de Saint Chrême au jour de notre baptême. Et si pour prendre conscience de notre dignité d’enfant de Dieu associé aux fonctions sacerdotale, prophétique et royale du Christ il nous fallait d’abord prendre conscience, reprendre conscience de notre petitesse, de notre fragilité, de notre finitude constitutives de notre humanité. C’est véritablement cette conscience qui garantit que nous ne tomberons pas dans l’idolâtrie de nous-mêmes ! Songeons-y tous en nous approchant dans quelques instants de l’autel pour cette signation : oui poussière, nous le sommes : nos échecs, nos petitesses, nos santés, nous le rappellent. Eh bien c’est justement là que le Seigneur vient nous chercher pour faire briller la joie de son salut.

mercredi-des-cendres
Le carême est à nos portes et à notre disposition. Quelle joie de savoir que nous sommes un peuple fraternel dans le monde à vivre ce temps surtout cette année où le pape nous embarque tous pour redécouvrir l’amour miséricordieux du Père à notre égard. Notre diocèse en synode nous a suggéré il y a quelque temps de remettre en route nos équipes synodales ou de constituer de nouvelles équipes pour partager les bonnes pages de l’Évangile de la miséricorde en Saint Luc. Il est vital pour les chrétiens de se rencontrer non pour simplement bavarder ou vivre un temps convivial dont nous avons par ailleurs tant besoin dans cette société si dure. Il s’agit aussi de s’encourager mutuellement, d’entendre ensemble l’appel du Seigneur Jésus dans l‘Évangile : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ! » (Luc 6,36) Ne ratez donc pas les équipes de la miséricorde !


Quoi d’autre ?


Les trois pratiques signalées par l’Évangile de ce jour : partage, prière et jeûne.

pontifex_fr-2014-04-26

Nous ne partons jamais de rien. Surtout ne nous disons pas que vous n’y connaissons rien. Mais souvenons-nous que ce carême est un temps pour qualifier personnellement ce que nous vivons déjà et nous permettre de prendre quelques décisions intérieures.
Prenons un exemple : le jeûne… Il est totalement disqualifié en Occident ou vaguement réhabilité sous forme de régime, mais il ne pose aucun problème sur d’autres continents qui pourtant ne regorgent pas comme chez nous de tout ! C’est assez étonnant ! Il ne s’agit pas de jeûner pour jeûner puisqu’il faut articuler cette pratique aux deux autres : la prière et le partage. Mais, il s’agit en jeûnant substantiellement par exemple de nos écrans divers (en tous les cas en en usant avec davantage de modération) de sortir de certaines addictions qui nous asservissent et nous réduisent à n’être que des voyeurs. Peut-être qu’en ce temps de carême, nous pourrions mettre à profit ce temps libéré en lisant la petite plaquette du pape François si savoureuse et juste : « Le visage de la miséricorde » (il s’agit de la bulle d’indiction annonçant l’Année sainte). Peut-être qu’étant moins fatigué le matin, du coup je pourrais venir participer à l’office de laudes du jeudi à 7 h 30 ou à l’adoration eucharistique silencieuse du vendredi soir à 19 h 30 après la messe (Paroisse ND de Vincennes)…


Et les œuvres de miséricorde dont le pape parle justement, qu’allons-nous en faire ? Je détaille rapidement les œuvres dites « corporelles » car elles sont très concrètes : « Vêtir celui qui est nu ; donner l’hospitalité ; visiter les malades et les prisonniers ; nourrir ceux qui ont faim ; donner à boire à ceux qui ont soif ; ensevelir les morts. »
Ne l’oublions jamais, frères et sœurs : la foi chrétienne n’est pas une idéologie, ni même une belle sagesse ou encore une esthétique : elle est un compagnonnage du Christ visage, bouche, mains regard du Père des miséricordes.

 Seigneur, viens renouveler en nous notre être intérieur en ce carême !


 Esprit Saint, Toi qui nous désignes Jésus vivant dans nos eucharisties et dans nos frères et sœurs, soutiens-nous généreusement et rends-nous la joie d’être chrétiens en ce carême de l’an de grâce 2016 !

 

Père Stéphane AULARD

Père Aulard

 

 

 

 

 

 

Et pour résumer avec e sourire, une petite vidéo : le carême en 60 secondes. En LEGO !