Fédération des Associations Familiales Catholiques du Val de Marne

15 août 2015

Clôture de La Neuvaine par Mgr Philippe Barbarin

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En lisant l’histoire de cette femme infirme depuis dix-huit ans, toute courbée et incapable de se redresser, cette femme que Jésus interpelle en plein Evangile pour la guérir (Luc 13,10), parfois je pense à la France.


Ces neuf derniers mois, au fil des méditations de la Neuvaine, je ne suis certainement pas le seul à avoir vu venir dans ma prière tel ou tel personnage de l’Evangile, comme une figure symbolisant notre pays. Oui, chaque nation a son caractère, ses qualités et ses défauts, ses grâces et ses lieux de conversion. Comparer nos regards serait un exercice éclairant, un échange enrichissant.


Frédéric Ozanam écrivait dans une lettre à Niccolò Tommaseo : « Ah! La France est bien la Samaritaine de l'Evangile, elle est allée puiser bien des fois à des sources qui ne la désaltéraient point. Elle s'attachera à Celui qui lui promet l'eau vive, afin de n'avoir plus soif ».


En ce 15 août 2015, au terme de la belle aventure spirituelle de la Neuvaine, vécue dans la discrétion et la fidélité, pourquoi ne pas rapprocher notre pays de la Vierge Marie ? Rassurez-vous, je ne crois pas la France « immaculée », ni prête à être qualifiée de « toute sainte », comme nos frères d’Orient aiment à appeler la Mère de Dieu. Je sais que si la France a été appelée fille aînée de l’Eglise, la Vierge Marie, elle, en est la mère, comme l’a proclamée le Bienheureux Paul VI, au cours du Concile Vatican II. Donc, en regardant Marie, comme une fille regarde sa maman, notre pays pourrait trouver son modèle, son inspiration, renouveler sa vocation et son élan.


Chaque année, pour la fête de l’Assomption, nous lisons l’Evangile de la Visitation. Nous voyons Marie « se rendre avec empressement » dans la maison de Zacharie et saluer Elisabeth qui s’écrie avec ferveur : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni… ». Décidons-nous, nous aussi, à entrer résolument dans la « maison commune» de l’humanité, pour saluer ses habitants et nous laisser bénir par eux : « France ! N’es-tu pas, toi aussi, bénie entre toutes les nations ? Heureuse es-tu si tu crois à l’accomplissement des paroles qui te furent dites de la part du Seigneur. » Bénédiction qui peut prendre le ton d’une apostrophe !

L’exemple de Marie, la servante

Dans la joie de cette fête, je vous propose de parcourir ensemble le Magnificat, une prière qui dit tellement ce qu’est notre Mère que nous percevons un peu ce que devrait être la fille…
Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Voilà la vocation de Marie : être une servante. C’est celle de toute l’Eglise et celle de Jésus, « le Seigneur », que toute la Bible présente comme « le Serviteur ». Ne serait-ce pas aussi la vocation de la France, comme nous l’a dit Jean Paul II lors de son premier voyage en 1980 : « France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? Permettez-moi de vous demander : France, Fille de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ? »
Oui, France bien aimée, vis-tu dans la logique de ton baptême ? Es-tu vraiment servante des autres peuples, une servante de l’Alliance avec la sagesse éternelle ? Et si c’était l’heure de ton réveil ?


L’exemple de Marie, comblée
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Cette dernière phrase, je l’ai vue prendre toujours plus d’importance dans ma prière, au fil des années, dans ce Magnificat que nous chantons chaque soir aux Vêpres. Si nous demandions à Marie de résumer tout le message de la Bible sur Dieu, j’ai l’impression qu’elle nous répondrait avec ces mots : « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge. » La suite du Magnificat n’en est que le développement et la description : Voilà tout ce que Dieu fait pour son peuple, dans sa miséricorde. Un beau programme de travail et de prière pour le grand Jubilé de la miséricorde que le pape François va ouvrir le 8 décembre prochain !
Un des cadeaux de la Neuvaine, c’est d’avoir présenté les grâces dont le ciel a si abondamment pourvu la France au fil des siècles. Oui, comme Marie, nous pouvons chanter Dieu qui a fait pour nous des merveilles, ... une miséricorde qui ne s’est jamais démentie.
Permettez-moi de citer, entre mille exemples possibles, le légat pontifical Eudes de Châteauroux : « La Gaule est le four où cuit le pain intellectuel du monde entier », et l’étonnante phrase de Paul VI : « Le Français exerce la magistrature de l'universel ». Quant à Jean-Paul II, dans la même homélie de 1980, il avait ajouté : « … Cela crée beaucoup de devoirs ! » C’est vrai : une si riche histoire ne doit pas nous enorgueillir ni nous écraser, mais elle nous impose des obligations. Les centenaires et les commémorations risquent de nous endormir, mais il faudrait surtout qu’ils nous stimulent et nous renouvellent.


L’exemple de Marie, la croyante
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
La même miséricorde touche le pauvre quand il se voit comblé, et le riche lorsqu’ il se voit désencombré. Chaque fois que se vit le pardon du Seigneur, je peux le dire : me voici tombé de mon trône mais élevé par le Seigneur. J’étais affamé de grâce et mes mains sont vidées de leurs péchés.
Au pied de la Croix surtout, ces versets trouvent une force singulière. Comment Marie, à cette heure, peut-elle continuer à croire, alors que tout lui montre le contraire de ce que l’Ange lui avait annoncé ? C’est au côté des crucifiés de notre monde et de notre pays, qu’à l’exemple de Marie, il nous revient aujourd’hui de demeurer dans la foi : Tous restent dans la main de leur Père !

L’exemple de Marie, la priante
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères

en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais.

Lacordaire avait comparé l'élection du peuple juif dans la Bible au choix de la France : « Dieu, voyant les peuples s'éloigner de lui, en choisit un et il le forma Lui-même, annonçant à Abraham que toutes les nations seraient bénies en lui » et, après avoir traversé les siècles en évoquant la venue du Seigneur, puis Constantin, Clotilde, Clovis et saint Rémy, Lacordaire concluait : « De même que Dieu a dit à son Fils de toute éternité : ''Tu es mon premier-né'', la papauté a dit à la France : ''Tu es ma fille aînée.'' »


Ces lignes ne sont pas faciles à recopier aujourd’hui, et il ne me revient pas de juger de la justesse de cette intuition. Je dirais simplement que pour que cette promesse ne soit pas oubliée, il est essentiel qu’elle continue d’être reçue par nous dans la prière.


Les Français, dit-on, se plaignent à la moindre occasion. La Vierge Marie, elle, exulte de joie. Les Français sont fiers, c’est même l’origine de leur nom. Marie est humble. Les Français veulent régner en maîtres. Marie se présente comme la servante. Les Français sont incrédules, même vis-à-vis d’eux-mêmes. Marie croit. Et si les Français renouvelaient leur engagement dans la prière, pour que… les Français, comme Marie, prient !


Pendant neuf mois, nous avons prié pour la France. Et maintenant, demandons à Dieu qu’advienne la grâce d’une « France priante », d’une France orante, d’une France suppliante. Nous espérons que se lève la prière des enfants et de leurs aînés, des nouveaux français et des anciens, des riches et des pauvres, des orgueilleux et des humbles, des incrédules même et des croyants : tous en prière !


Plusieurs personnes ou groupes lancent des initiatives nouvelles : la prière des enfants, intitulée la « petite sentinelle », une prière pour nos élus ou pour ceux qui aspirent à le devenir, le renouveau de certains pèlerinages, le relais de la parole du Pape en France... Vous en trouverez le détail sur le site de la neuvaine. Mais les merveilles héritées de nos aînés gardent leur beauté. L’office des Laudes, des Vêpres ou des Complies, l’apprentissage de la lectio divina, la prière du chapelet, les équipes du Rosaire vivant…ne sont pas près de perdre leur fraîcheur et leur fécondité !

Que nos églises revivent !

Permettez-moi enfin de lancer un appel. Puisqu’on dit qu’en bien des endroits nos églises sont vides et qu’il faut leur redonner vie, proposons aux catholiques de s’y retrouver régulièrement pour prier. Peu importe le nombre : Dieu saura reconnaître la fidélité des coeurs priants et exaucer leurs demandes. Une prière du matin pour ceux qui partent au travail avec la lecture de la Parole de Dieu ; un rendez-vous de
l’après-midi pour nos anciens : le chapelet récité en union avec ceux qui sont à la grotte de Lourdes ; un temps d’adoration du Saint Sacrement ou d’oraison silencieuse… Que nos églises vivent et revivent !


Cet appel s’étend aussi à nos familles, pour que la prière retrouve sa place dans nos maisons et notre vie quotidienne, et d’abord avant les repas …

Qu’on prenne le temps de prier le soir ensemble, de préparer chaque semaine la Messe en lisant ensemble les lectures du dimanche qui arrive. N’oublions pas nos frères et soeurs chrétiens d’Orient qui souffrent tant et qui réclament notre amitié et notre soutien fidèle !

Prions aussi pour le pape François, car il en a besoin et il le demande. Chaque fois que je le vois, il me répète : « Dis-leur de prier pour moi.» Quelle joie de le faire au terme de cette Neuvaine et à l’approche de la fête de l’Assomption !


Tous, nous prions pour une France servante, comblée et humble, croyante, priante. Qu’elle poursuive sa route comme une fille qui prend modèle sur sa mère. Nous sommes sûrs qu’une telle mère n’abandonnera jamais son enfant

Mgr Philippe BARBARIN

 

Cardinal BARBARIN

 

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11 août 2015

SOUTENONS LES CHRÉTIENS D'ORIENT LE 15 AOÛT

 

notre dame du mur

Mgr Santier propose à toutes les paroisses du diocèse de Créteil de s'associer à la démarche relayée par la CEF : manifester notre soutien fraternel aux chrétiens d'Orient en proie à des persécutions dans leurs pays à cause de leur foi.


Et pour cela : faire sonner le 15 aout à midi les cloches de toutes les églises du diocèse et se rassembler sur les parvis "pour prier Marie qui fait tomber les murs".


Il s'agit vraiment d'un geste de prière, de solidarité de Paix et de Foi.


Sans doute, là où vous vous trouverez éventuellement en vacances, la paroisse proposera la même démarche…


Nos familles ne manqueront pas de s'associer à cette démarche, et si rien n'est proposé dans l'endroit où vous vous trouvez, si vous ne voyez pas comment en parler au curé du lieu, vous pouvez au moins dire la prière de "Marie qui fait tomber les murs"

Notre Dame qui fait tomber les murs

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06 juillet 2015

PRIERE POUR LE TEMPS DES VACANCES

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Merci, Seigneur de me donner la joie d’être en vacances.

 

 

 

 

Donne au moins quelques miettes de cette joie

A ceux qui ne peuvent en prendre

Parce qu’ils sont malades, handicapés,

Ou trop pauvres ou trop occupés…

Donne-moi la grâce de porter, partout où je passe,

Le souffle léger de ta paix

Comme la brise du soir qui vient de la mer

Et qui nous repose de la chaleur des jours.

JOIE

Donne-moi la grâce d’apporter, partout où je passe,

Un brin d’amitié, comme un brin de muguet,

Un sourire au passant inconnu

Un regard à celui qui est tout seul et qui attend…

Donne-moi la grâce de savoir redécouvrir

Ceux qui vivent à mes côtés et que je ne sais plus voir

Parce qu’ils font "partie des meuble" !

Que je sache les regarder avec émerveillement

Parce Toi Tu les aimes et qu’ils sont tes enfants.

Donne-moi la grâce d’être serviable et chaleureux

Pour mes voisins de quartier ou de camping,

Et que mon « bonjour » ne soit pas une parole distraite,

Mais le souhait véritable d’une bonne journée

Si possible remplie de Toi, mon ami, mon Seigneur,

Qui es toujours auprès de moi-même lorsque je l’oublie

Fougère

 

Parce que Toi Tu ne peux pas cesser un moment

De m’aimer au cœur même de la liberté,

Au cœur de ce temps de vacances qui devrait être rempli de Toi.

 

 

 

Les webmaqters aussi prennent des vacances sans internet.... 

Vous  nous retrouverez donc seulement au mois de septembre,

pleins d'énergie, de nouvelles prières, de nouvelles activités...

En attendant profitez de cet été pour vous ressourcer, pour rencontrer le Seigneur.

Vous pouvez aussi redécouvrir d'anciens articles de notre blog...

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29 juin 2015

LAUDATO SI : Prière pour notre terre

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Dieu Tout-Puissant 
qui es présent dans tout l’univers
et dans la plus petite de tes créatures,
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe,
répands sur nous la force de ton amour pour que
nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions
comme frères et sœurs
sans causer de dommages à personne.


Ô Dieu des pauvres,
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre
qui valent tant à tes yeux.
Guéris nos vies,
pour que nous soyons des protecteurs du monde
et non des prédateurs,
pour que nous semions la beauté
et non la pollution ni la destruction.

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Touche les cœurs
de ceux qui cherchent seulement des profits
aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir
la valeur de chaque chose,
à contempler, émerveillés,
à reconnaître que nous sommes profondément unis
à toutes les créatures
sur notre chemin vers ta lumière infinie.


Merci parce que Tu es avec nous tous les jours.
Soutiens-nous, nous T’en prions,
dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.

Amen

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22 juin 2015

LAUDATO SI : Prière chrétienne avec la création

Soeur nature

Nous Te louons, Père, avec toutes tes créatures, 
qui sont sorties de ta main puissante.
Elles sont tiennes, et sont remplies de ta présence
comme de ta tendresse.
Loué sois-Tu.

Fils de Dieu, Jésus,
toutes choses ont été créées par Toi.
Tu t’es formé dans le sein maternel de Marie,
Tu as fait partie de cette terre,
et Tu as regardé ce monde avec des yeux humains.
Aujourd’hui Tu es vivant en chaque créature
avec ta gloire de ressuscité.
Loué sois-Tu.

Esprit-Saint, qui par ta lumière
orientes ce monde vers l’amour du Père
et accompagnes le gémissement de la création,
Tu vis aussi dans nos cœurs
pour nous inciter au bien.
Loué sois-Tu.

Comtempler le monde

Ô Dieu, Un et Trine,
communauté sublime d’amour infini,
apprends-nous à Te contempler
dans la beauté de l’univers,
où tout nous parle de Toi.
Éveille notre louange et notre gratitude
pour chaque être que Tu as créé.
Donne-nous la grâce
de nous sentir intimement unis à tout ce qui existe.
Dieu d’amour, montre-nous
notre place dans ce monde
comme instruments de ton affection
pour tous les êtres de cette terre,
parce qu’aucun n’est oublié de Toi.
Illumine les détenteurs du pouvoir et de l’argent
pour qu’ils se gardent du péché de l’indifférence,
aiment le bien commun, promeuvent les faibles,
et prennent soin de ce monde que nous habitons.
Les pauvres et la terre implorent :
Seigneur, saisis-nous
par ta puissance et ta lumière
pour protéger toute vie,
pour préparer un avenir meilleur,
pour que vienne
ton Règne de justice, de paix, d’amour et de beauté.
Loué sois-Tu.
Amen.

 

Nous remercions le site Pontifex en images qui a mis en si belles images l'encyclique Laudato Si.

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17 juin 2015

TRANSMISSION DANS LA FAMILLE;


Retenez cette date du mardi 23 juin à 20h30 pour une soirée-débat organisée par l'AFC de Saint Maur avec Jean-Marie Jean-Marie Elie Setbon sur la transmission en famille.


Entrée libre pour tous.

JeanMarie Setbon

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15 juin 2015

Quelle fin de vie voulons-nous ?

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Alors que les sénateurs s'apprêtent à débattre de la loi Clayes-Léonetti, nous vous proposons tout un dossier sur la fin de vie afin de mieux comprendre la situation.

D'abord, dans fin de vie, il y a vie !

Le projet de loi sur la fin de vie Claye-Léonetti a re-soulevé la question de l'euthanasie. Face aux pressions des lobbys pro-euthanasie comme l'ADMD (lien) et d'une partie de la majorité, le monde politique n'a pas eu la prudence d'en rester à la loi Léonetti, certes imparfaite mais qui avait le mérite d'instituer un droit aux soins palliatifs.
Soucieux de ne pas provoquer une nouvelle crise sociétale, il n'a pas voulu non plus brusquer l'opinion publique en imposant l'euthanasie ou le droit au suicide assisté. Habilement, la nouvelle loi ne mentionne pas le mot euthanasie, mais parle de « sédation profonde ».

On voudrait de façon imagée souffler sur la bougie pour qu'elle s'éteigne vite et non pas la laisser se consumer d'elle-même. Il y a tant à faire dans cette période où la mort s'approche pour apaiser, donner du temps, tant de beaux moments qui, s'ils sont bien accompagnés, ne seront pas une cicatrice pour l'entourage mais bien une belle leçon de vie. Il faut savoir arrêter le temps dans notre société un peu folle.

Seringue

Mgr d'Ornellas, qui préside le groupe de travail de la CEF sur la fin de vie, rappelle qu'il « serait erroné de penser résoudre le « mal mourir » par la seule création d'un nouveau « droit à la sédation profonde et continue jusqu'au décès ». Ce droit ne supprimera pas les causes de ce « mal mourir », mais générera [..] un « mal vivre » plus profond, ainsi que de nouvelles inquiétudes et angoisses chez nombre de nos concitoyens. ».
Que faut-il en penser ? Qu'avons-nous à dire comme chrétiens ?

L'ETAT DES LIEUX DE LA FIN DE VIE EN FRANCE

LA FIN DE VIE DANS NOTRE DIOCESE

LA PREMIERE LOI LEONETTI

LE PROJET DE LOI CLAEYS-LEONETTI

L'EUTHANASIE ET LE SUICIDE ASSISTE

LES SOINS PALLIATIFS

L'ACHARNEMENT THERAPEUTIQUE OU OBSTINATION DERAISONNABLE

LES DIRECTIVES ANTICIPEES

LES SEDATIONS

DOULEURS ET SOUFFRANCES

LA DIGNITE

FIN DE VIE NE RIME PAS TOUJOURS AVEC GRAND AGE, LA MORT DES ENFANTS

LE SENS DE LA VIE, DE LA MORT

POUR ALLER PLUS LOIN

Sont les différents thèmes que nous avons approfondis sur le site du diocèse de Créteil et que nous vous suggérons d'aller y découvir.

L'EGLISE, EXPERTE EN HUMANITÉ, NOUS OFFRE UN TEXTE PROPHÉTIQUE VIEUX DE 50 ANS, DANS LA CONSTITUTION PASTORALE « GAUDIUM ET SPES » :

« C'est en face de la mort que l'énigme de la condition humaine atteint son sommet. L'homme n'est pas seulement tourmenté par la souffrance et la déchéance progressive de son corps mais, plus encore, par la peur d'une destruction définitive. Et c'est par une inspiration juste de son cœur qu'il rejette et refuse cette ruine totale et ce définitif échec de sa personne. Le germe d'éternité qu'il porte en lui, irréductible à la seule matière, s'insurge contre la mort. Toutes les tentatives de la technique, si utiles qu'elles soient, sont impuissantes à calmer son anxiété: car le prolongement de la vie que la biologie procure ne peut satisfaire ce désir d'une vie ultérieure, invinciblement ancré dans son cœur. [...]

mains qui se tiennent

Mais si toute imagination ici défaille, l'Eglise, instruite par la Révélation divine, affirme que Dieu a créé l'homme en vue d'une fin bienheureuse, au-delà des misères du temps présent. De plus, la foi chrétienne enseigne que cette mort corporelle, à laquelle l'homme aurait été soustrait s'il n'avait pas péché, sera un jour vaincue, lorsque le salut, perdu par la faute de l'homme, lui sera rendu par son tout-puissant et miséricordieux Sauveur. Car Dieu a appelé et appelle l'homme à adhérer à Lui de tout son être, dans la communion éternelle d'une vie divine inaltérable. Cette victoire, le Christ l'a acquise en ressuscitant, libérant l'homme de la mort par sa propre mort. A partir des titres sérieux quelle offre à l'examen de tout homme, la foi est ainsi en mesure de répondre à son interrogation angoissée sur son propre avenir. Elle nous offre en même temps la possibilité d'une communion dans le Christ avec nos frères bien-aimés qui sont déjà morts, en nous donnant l'espérance qu'ils ont trouvé près de Dieu la véritable vie. »

QUELLE FIN DE VIE VOULONS-NOUS ?

UNE FIN DE VIE QUI NOUS PERMETTE D'AIMER ET D'ÊTRE AIMÉ JUSQU'AU BOUT.

 

confiance

 

 

14 juin 2015

FÊTE DES PAPAS

Pape François

Pour la fête des pères, nous vous offrons la deuxième partie de la  magnifique catéchèse du pape sur les papas le 4 février 2015

Cette catéchèse s'insère dans un cycle de catéchèses sur la famille commencé le 17 décembre 2014 et qui se continue encore tous les mercredis lors de l'audience générale du pape.

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, je voudrais aborder la seconde partie de notre réflexion sur la figure du père dans la famille. La dernière fois, j’ai parlé du danger des pères « absents » ; aujourd’hui, je veux regarder plutôt l’aspect positif. Saint Joseph lui-même a été tenté de laisser Marie quand il a découvert qu’elle était enceinte ; mais l’ange du Seigneur est intervenu pour lui révéler le dessein de Dieu et sa mission de père putatif. Et Joseph, homme juste, « prit chez lui son épouse » (Mt 1,24) et il est devenu le père de la famille de Nazareth.

Toutes les familles ont besoin du père.

 

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Aujourd’hui, nous nous arrêtons sur la valeur de son rôle et je voudrais partir de quelques expressions qui se trouvent dans le Livre des Proverbes, des paroles qu’un père adresse à son fils, et il dit ceci : « Mon fils, si tu as le cœur sage, mon cœur à moi se réjouira, et j’exulterai de tout mon être quand tes lèvres parleront avec droiture. » (Pr 23, 15-16). On ne pourrait pas mieux exprimer la fierté et l’émotion d’un père qui reconnaît avoir transmis à son fils ce qui compte vraiment dans la vie, c’est-à-dire un cœur sage. Ce père ne dit pas : « Je suis fier de toi parce que tu es tout-à-fait égal à moi, parce que tu répètes ce que je dis et ce que je fais ». Non, il dit quelque chose de bien plus important que nous pourrions interpréter ainsi : « Je serai heureux chaque fois que je te verrai agir avec sagesse et je serai ému chaque fois que je t’entendrai parler avec droiture. C’est cela que j’ai voulu te laisser, pour que cela devienne quelque chose qui t’appartienne en propre : l’aptitude à sentir et à agir, à parler et à juger avec sagesse et droiture. Et pour que tu puisses être ainsi, je t’ai enseigné des choses que tu ne savais pas, j’ai corrigé des erreurs que tu ne voyais pas. Je t’ai fait ressentir mon affection profonde et à la fois discrète, que tu n’as peut-être pas reconnue pleinement quand tu étais jeune et incertain. Je t’ai donné un témoignage de rigueur et de fermeté que tu ne comprenais peut-être pas, quand tu aurais seulement voulu complicité et protection. J’ai dû moi-même, en premier, me mettre à l’épreuve de la sagesse du cœur et veiller sur les excès de sentiments et du ressentiment, pour porter le poids des inévitables incompréhensions et trouver les mots justes pour me faire comprendre. Maintenant, poursuit le père, quand je vois que tu cherches à être ainsi avec tes fils, et avec tous, je suis ému. Je suis heureux d’être ton père ». Voilà ce que dit un père sage, un père mûr.

Un père sait bien ce qu’il en coûte pour transmettre cet héritage : quelle proximité, quelle douceur et quelle fermeté. Mais, quelle consolation et quelle récompense il reçoit quand ses enfants font honneur à cet héritage ! C’est une joie qui compense toutes les fatigues, qui dépasse toutes les incompréhensions et guérit toutes les blessures.

Le père doit être vraiment présent

 

Papa et enfants

La première nécessité est donc précisément celle-ci : que le père soit présent dans la famille. Qu’il soit proche de sa femme pour tout partager, les joies et les peines, les fatigues et les espoirs. Et qu’il soit proche de ses enfants pendant leur croissance : quand ils jouent et quand ils s’engagent, quand ils sont insouciants et quand ils sont angoissés, quand ils s’expriment et quand ils sont taciturnes, quand ils osent et quand ils ont peur, quand ils font un faux pas et quand ils retrouvent leur chemin ; un père présent, toujours. Dire présent ne veut pas dire contrôleur ! Parce que les pères qui contrôlent trop détruisent leurs enfants, ils ne les laissent pas grandir.

L’Évangile nous parle de l’exemplarité de notre Père qui est aux cieux, le seul, dit Jésus, qui puisse être vraiment appelé « Père bon » (cf. Mt 10,18). Tout le monde connaît cette parabole extraordinaire dite du « fils prodigue » ou, mieux, du « père miséricordieux », qui se trouve dans l’Évangile de Luc au chapitre 15 (cf. Lc 15, 11-32). Quelle dignité et quelle tendresse dans l’attente de ce père qui se tient à la porte de sa maison, attendant que son fils revienne ! Les pères doivent être patients. Si souvent, il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre ; prier et attendre avec patience, douceur, magnanimité, miséricorde.

Un bon père sait attendre et sait pardonner, du fond du cœur.

 

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Bien sûr, il sait aussi corriger avec fermeté : ce n’est pas un père faible, complaisant, sentimental. Le père qui sait corriger sans humilier est le même que celui qui sait protéger sans se ménager. Une fois, dans une réunion de mariage, j’ai entendu un papa dire : « Moi, parfois, je dois frapper un peu mes enfants… mais jamais sur le visage pour ne pas les humilier ». Comme c’est beau ! Il a le sens de la dignité. Il doit punir, il le fait de manière juste, et il va de l’avant.

Si donc il y a quelqu’un qui peut expliquer jusqu'au fond la prière du Notre Père, enseignée par Jésus, c’est justement celui qui vit en premier la paternité. Sans la grâce qui vient de notre Père qui est aux cieux, les pères perdent courage et abandonnent le terrain. Mais les enfants ont besoin de trouver un père qui les attend quand ils reviennent de leurs erreurs. Ils feront tout pour ne pas l’admettre, pour ne pas le faire voir, mais ils en ont besoin ; et le fait de ne pas le trouver creuse en eux des blessures difficiles à cicatriser.

L’Église, notre mère, s’engage à soutenir de toutes ses forces la présence bonne et généreuse des pères dans les familles parce qu’ils sont, pour les nouvelles générations, les gardiens et les médiateurs irremplaçables de la foi dans la bonté, de la foi dans la justice et dans la protection de Dieu, comme saint Joseph.