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2 Les conséquences pour la société tout entière

La déstabilisation du système bioéthique français : L’abandon de la gratuité (inéluctable  étant donné le manque de sperme) .

Les risques de consanguinité accrus pour les enfants.

La PMA pour les femmes célibataires et les couples de femmes poserait la question cruciale de sa prise en charge financière.

 

Abandon du critère thérapeutique = généralisation de la PMA ou PMA de convenance

Dès lors qu’on prend la peine de dépasser l’objectif officiel de permettre au plus grand nombre d’avoir des enfants, il apparaît que l’assistance médicale à la procréation entretient des rapports très ambigus avec l’argent

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Admettre la PMA pour les femmes signifierait l’abandon du critère thérapeutique actuel puisque les femmes célibataires ou homosexuelles ne souffrent pas particulièrement de stérilité : une femme célibataire n’est pas stérile, c’est sa situation (le célibat) qui ne permet pas la procréation. Deux femmes en couple ne sont pas non plus stériles, c’est leur relation qui l’est.

La PMA, depuis l’origine, est liée à la sélection et donc à l’eugénisme tant avec le don de gamètes qui exige la sélection des donneurs que la fécondation in vitro qui permet le tri des embryons.

Pour autant, cette sélection des enfants via le tri embryonnaire généralisé n’a rien d’inéluctable. Il est encore temps de réaliser les implications de la PMA non thérapeutique et de poser des limites car, si la technique va sans doute proposer des moyens toujours plus sophistiqués pour satisfaire tous les désirs, la loi a le pouvoir de poser des bornes, des interdits s’il le faut et de protéger ainsi les droits de tous.

Le législateur peut et doit encadrer la PMA afin de préserver la société des dérives déjà constatées et surtout annoncées par le projet d’abandon du critère thérapeutique de la PMA.

 

 

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Conclusion

En dépit des dégâts importants qu’entraînerait la légalisation de la PMA pour les femmes, ce qui se joue en 2018 n’est pas seulement la PMA pour les femmes, mais le passage de la procréation à la production et à la sélection de l’humain.

Au moment d’envisager la PMA non thérapeutique, la société doit choisir : jusqu’où voulons-nous aller avec ces techniques de procréation artificielle ? La PMA doit-elle demeurer une mesure d’exception, destinée à compenser un problème médical, ou devenir un mode habituel de procréation proposant la sélection des enfants ?

 

3 Les faux impératifs invoqués pour justifier la PMA sans père

La vie privée des femmes 

À partir du moment où la société est sollicitée pour réaliser le choix d’avoir un enfant sans père, ce choix ne relève plus de la vie privée de l’intéressée mais de la responsabilité du législateur et, par conséquent, de la société tout entière.

 

L’égalité 

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Ne signifie pas traiter tout le monde de la même manière. Le droit à l’enfant n’existe pas et personne n’a le droit d’avoir un enfant. Concrètement, personne n’a le droit de priver délibérément un enfant de père pour satisfaire son désir, quelle que soit son orientation sexuelle.

Cette conception erronée de l’égalité conduit à la GPA : si les droits de l’enfant sont bafoués une fois, au profit des femmes, pourquoi pas une seconde, au profit des hommes ? Si l’on ne tolère pas que les droits de l’enfant mettent des limites à nos désirs, alors il n’y a plus de limite.

 

L’Europe  

Ni le Conseil de l’Europe ni l’Union européenne ne peuvent obliger la France à méconnaître les droits de l’enfant et à instaurer la généralisation de la procréation artificielle. La grande diversité des législations des États membres de l’Union européenne prouve de façon empirique la marge de manœuvre qui revient aux États sur tous les sujets anthropologiques dits de société.

 

Conclusion : prendre les droits de l’enfant au sérieux

Une fois que le mal est fait…Il est frappant de constater combien l’indifférence pour les droits des enfants progresse en prenant appui sur le fait accompli, comme si le constat d’une injustice était une bonne raison de l’entériner et de la pousser toujours plus loin.

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Puisque le mal est fait… lorsque le mal est fait, il reste à engager les responsabilités en cause et à réparer les préjudices subis par les victimes, ici les enfants. C’est encore ce qu’on enseigne dans les facultés de droit. Car c’est ce qu’exige la justice. Au lieu de cela, la « justice » ferme les yeux sur le mal, dès lors qu’il est fait, avant que les instances diverses ne suggèrent de le légaliser, puisque de toute façon il se fait….

Tout se passe comme si les droits de l’enfant n’étaient là que pour faire bien dans le décor mais ne devaient avoir aucune conséquence pratique. N’est-il pas temps d’accepter que les droits d’autrui, en l’occurrence des enfants, posent des limites à nos désirs, et aux désirs de tous ?

La société se trouve aujourd’hui face à une alternative simple : renoncer à des techniques de procréation qui méconnaissent les droits de l’enfant, ou renoncer à proclamer ces droits de l’enfant car on ne peut à la fois affirmer des droits tout en légalisant des pratiques qui les ignorent.

Les Français favorables à l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux célibataires seraient-ils toujours du même avis si la question était posée du côté de l’enfant : pensez-vous que la loi doive organiser la conception d’enfants privés, délibérément et légalement, de père ?

 

Pour  retrouver toutes les explications d'Aude Mirkovic sur les enjeux de la PMA pour les femmes, reportez-vous à  son dernier livre : La PMA : un enjeu de société, Artège 2018

Aude et M Schiappa

Dernier livre qu'Aude Mirkovic a été amenée à offrir à Marlène Schiappa lors du Salon du livre... avec toute la polémique qui s'en est suivie...

La France est un pays de liberté. Se faire offrir un livre dont on ne partage pas nécessairement l’argumentation est donc un crime : Marlène Schiappa s'est pressée de se justifier. Elle infirme immédiatement ce que personne n’avait imaginé une seconde : « je ne la soutiens aucunement ». Mais s’empresse d’ajouter une phrase nettement moins anodine : « Si j'avais su ce qu'était ce livre je n'aurais bien sûr pas posé. » 

Marlène Schiappa appartient à un gouvernement qui se félicite « d’écouter tout le monde » et de « consulter largement ». Un gouvernement fier d’être à la tête d’un pays qui organise en ce moment même des états généraux de la bioéthique pour que « tous les Français puissent donner leur avis ». Tous, à condition d’être d’accord. 

 

 

Des enfants sans père, il y en a. Il y en a suffisamment. Leur manque, leurs difficultés, leur souffrance sont connus. Ce n’est pas à la loi d’organiser cette privation ni cette souffrance.

 

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