Semaine Sainte

Frères et sœurs, vous êtes-vous déjà demandé pourquoi le dimanche des Rameaux est aussi celui de la Passion ?

On peut remarquer que dans les quatre évangiles l’épisode des rameaux –le triomphe de Jésus entrant à Jérusalem- inaugure le récit de sa Passion.

Tous les évangiles rappellent donc cette entrée de Jésus dans la ville sainte où il fut accueilli par la population –sans doute une foule relativement modeste- . Puis, ils enchaînent avec  le récit d’une semaine se concluant par trois jours saints : jeudi, vendredi et samedi culminant eux-mêmes avec l’annonce de la résurrection au matin du dimanche de Pâques.

Il me semble que la liturgie dans sa méditation bi millénaire veut nous faire toucher du doigt la versatilité d’une foule enthousiaste qui peu après se retourne avec autant d’énergie, mais cette fois-ci celle de la haine, contre celui qu’elle voulait faire roi malgré lui peu de temps auparavant.

Mais notre célébration veut surtout parler au plus intime de nos cœurs incertains à chacun et chacune d’entre nous comme au cœur de toute l’Eglise, celle d’aujourd’hui en l’occurrence :

  • Et toi qui acclames-tu ce matin avec tes rameaux à la main ?
  • Qui est Jésus et quelle place prend-il dans ta vie ?
  • Peut-il compter sur toi dès que tu auras franchi cette porte d’église tout à l’heure ? Car si tu es venu ici et as franchi cette porte comme au jour de ton baptême c’est bien pour t’abreuver à la source de la foi chrétienne, c’est bien pour toucher à la miséricorde dont le Christ, selon les mots du pape François, est le visage.

Je suis chrétien

Notre évêque, Mgr Michel Santier me demande plusieurs fois dans l’année d’aller le représenter et de célébrer en son nom la confirmation de jeunes dans différentes paroisses du diocèse. Je rencontre à cette occasion les jeunes et je leur demande toujours : « Est-ce que tu crois que le Seigneur peut compter véritablement sur toi dès lors que tu seras confirmé ? » Nous sommes tellement préoccupés de savoir si l’on peut –encore- se fier à Dieu dans une époque où l’on ne sait justement plus à qui se fier… Et si Le Seigneur voulait Lui pouvoir compter sur chacun de nous…

Le récit de la Passion du Christ joué devant les cathédrales au Moyen Age dans les fameux « mystères », mis en musique admirablement par de grands compositeurs, reste un texte sublime que nous ne saurions oublier : ne voyez-vous pas devant nous les principaux acteurs défiler ?

  • Que retenons-nous de ces versets ? La bassesse des accusateurs, le sauve qui peut des apôtres, le reniement de Pierre, la responsabilité des autorités juive et romaine, les figures inoubliables de Simon de Cyrène, des femmes de Jérusalem ou du bon larron ?
  • Et nous où sommes-nous dans ce cortège, dans ces dialogues, dans ces postures ?

J’aime à croire que nous avons franchi la porte de cette église pour venir nous immerger dans la bonté du Christ, dans son immense amour, dans sa miséricorde, c’est-à-dire que nous sommes venus nous reposer dans ses bras, nous laisser toucher par son regard bienveillant, nous abreuver à la source qu’est son cœur ouvert plein de compassion pour nous au point de la susciter en nous.

Et si durant cette semaine nous prenions trois décisions :

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  1. 1) Je participerai avec ferveur aux différents offices pour que cette Semaine Sainte ne soit pas une semaine comme les autres. Tant il est vrai que dans notre environnement actuel où notre foi chrétienne est souvent ringardisée, mésestimée, oubliée, il faut que les disciples de Jésus s’accrochent à Lui et Lui laissent de la place.
  2. 2) Je prierai d’une manière renouvelée : chaque jour, plusieurs fois par jour, seul, avec mes frères de cette paroisse que je ne connais pas toujours très bien : faisons l’expérience de la fraternité dans la prière ; C’est sûrement le meilleur levier pour être fraternels ensuite dans notre quotidien partout où nous nous trouvons.
  3. 3) J’apprendrai à refuser les attitudes qui crucifient : jugements à l’emporte-pièce, hypocrisie et manque de franchise, versatilité ; à l’inverse je me souviendrai des proches du Seigneur  mieux avec Simon de Cyrène, je L‘aiderai dans la personne de mes frères souffrants ou en difficulté car c’est cela porter la croix. Je consolerai et assisterai, comme les femmes de Jérusalem, ceux qui sont faibles ; je regarderai résolument vers Jésus mon maître et Seigneur qui sait que je vaux tellement plus que la somme de mes insuffisances et de mes péchés.

Frères et sœurs, soyons profondément heureux d’être par notre baptême enfants de Dieu : ce que Dieu nous a donné Il ne le reprendra jamais : son alliance, son amour. Avec les futurs baptisés de Pâques faisons l’expérience ensemble durant cette Semaine Sainte de la miséricorde du Seigneur. Nous en avons besoin pour traverser avec sérénité les épreuves de la vie et en faire une Pâque sans cesse renouvelée, notre chemin pascal.

Père Stéphane AULARD

Père Stéphane Aulard