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Témoignage d'une Veilleuse nommée Nathalie, envoyé aux Veilleurs de Saint-Dizier

Bonsoir,
Je m’appelle Nathalie, comme mon prénom l’indique, je ne suis pas de l’âge moyen des veilleurs mais plutôt du double… mais je tenais à vous partager cette réflexion que j’envoie par mail car je crains de ne pouvoir veiller avec vous ce soir.
Merci de votre belle initiative courageuse. Beaucoup veillent et se croient seuls, votre invitation permet de savoir que nous sommes nombreux à veiller pour la famille. Elle soulève une très grande espérance.
La famille père-mère-enfant est le terreau naturel où l’homme et la femme se construisent. Malheureusement beaucoup de familles souffrent aujourd’hui de déchirures.
Il est bon de se demander ce que signifie veiller pour la famille, et je voudrais vous donner ce témoignage : Voilà des années que je veille, que nous veillons mon mari et moi-même, et je voudrais vous inviter à devenir des veilleurs de chaque jour et de toute la vie.
Veilleurs nous le sommes quand nous décidons d’arrêter la course du temps au service de l’amour de l’autre, spécialement du plus proche, notre conjoint. Notre premier appel de veille pour la famille est de veiller sur l’amour du couple homme- femme qui la constitue pour qu’il dure malgré les tempêtes de la vie. C’est un appel immense qui défie la raison, mais soyez fous, lancez vous dans l’aventure et osez croire qu’elle est possible !
Veilleurs nous sommes quand nous attendons l’enfant qui grandit doucement dans une veille affectueuse et prudente pour lui. Non une gestation, mais une maternité, avec une attention déjà aimante aux liens qui se tissent dès avant que les yeux ne s’ouvrent sur le monde.
Veilleurs nous le sommes quand nous prenons soin du tout petit, en lui offrant un nid de tendresse solide sur lequel il pourra s’appuyer pour ses premiers pas, quand nous veillons la nuit sur le sommeil agité, les cauchemars, la maladie.

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Veilleurs nous le sommes quand nous lui apprenons pas à pas la liberté de sa conscience, veilleurs donc dans la mission éducative que nous ne pouvons confier sans discernement et que nous devons défendre. Mission qui peut exiger des renoncements incompris dans certaines sphères de la société.
Veilleurs nous le sommes quand nous expliquons le monde et ses questions à nos jeunes et nos proches, quand nous permettons à l’intelligence de s’ouvrir et de se cultiver.
Veilleurs nous le sommes quand envers et contre tout nous redisons notre tendresse à l’enfant qui devenant adulte nous surprend et nous bouscule.
Veilleurs nous le sommes enfin auprès de nos parents âgés, effrayés parfois de l’accélération de la course du monde, fragilisés par la maladie, la vieillesse ou la solitude.
Veilleurs nous le sommes chacun, dans ce regard bienveillant – bienveillant : de « veiller au bien » - et attentif envers ceux qui nous sont proches par la famille, la vie professionnelle, le quartier.
Veilleurs depuis longtemps dans une vie ordinaire, j’ai été très heureuse de me joindre à vous vendredi et dimanche, de goûter l’espérance partagée, d’entendre la résistance nourrie d’art et de littérature, et la résistance intérieure manifestée sans bruit.
N’ayez pas peur de rester un instant en silence. Ce silence est très fort dans le brouhaha de la manifestation, le brouhaha des médias, et celui de notre colère.
Accueillez la paix intérieure dans ce silence des veilleurs.
Merci.